Les dispositifs créatifs dans le rapport au travail

Dans la société actuelle, on voit de nouvelles formes de production liées à des dispositifs créatifs monter en puissance. Celles-ci prennent la forme d’activités collectives à but non lucratif pour une cause commune. Pour comprendre cependant l’émergence de tels dispositifs, il faut tout d’abord expliquer la notion de création et de processus créatif. La démarche d’un esprit créatif est le fruit d’un processus cognitif qui permet de trouver une solution à un problème. Cependant, la créativité s’annonce comme quelque chose de totalement ambivalent en tant qu’elle apparaît comme un enjeu social nécessaire et fondamentalement positif mais aussi qu’elle est également un facteur de tensions dans notre société. Le créateur qui met en place de nouveaux dispositifs créatifs ouvre la voie à l’idée d’une innovation ascendante, c’est-à-dire qui serait ouverte et pourrait provenir de n’importe quelle personne. D. Cardon la définit comme une innovation produite par les usages. C’est donc une innovation horizontale qui prend place grâce un groupe d’acteur qui « bricole » des produits eux-mêmes pour eux-mêmes. Ce comportement est comparable aux mouvements libres et ouverts (open innovation). Cette innovation en réalité d’ordre social fait ainsi référence à ces nouvelles stratégies, nouveaux concepts et modes d’organisation qui répondent à des besoins sociaux de toute nature et qui étendent et renforcent la société civile. Ainsi, on peut légitimement se demander quels sont les différents enjeux posés par ces dispositifs créatifs dans le rapport au travail?

Un travail à vocation créatif et « ré »créatif

Les nouveaux dispositifs créatifs proposent de nouvelles méthodes de travail dans un contexte non académique qui réunit, comme avec le projet MuseoMix, un ensemble de personnes radicalement différentes qui vont travailler ensemble dans un temps et un lieu donné. Les différents acteurs possèdent une certaine liberté d’action et agissent à titre bénévole. Le travail est ici pensé comme quelque chose de positif, de ludique, ce qui a permis de considérer comme un des objectifs du projet, la satisfaction de l’équipe. Pour cela, on met en place un système de feedback qui instaure des moments de discussions qui permet également de régler les problèmes et contribue à souder l’équipe. Les productions créées posent également la question de la propriété. En effet, on bouleverse encore les codes du rapport au travail et les créations sont remises aux Créatives Commons, ce qui nous renvoie à l’idée que nous sommes dans l’ère de l’Open Data.

Un travail qui mène à une ouverture d’esprit et à une production de sens

Le point fondamental des dispositifs créatifs est l’aspect collectif qu’il suggère. En effet, dans le cadre d’événements tels que Muséomix ou encore avec les BarCamps, différents types de personnes se rencontrent et mélangent leurs savoirs. La réflexion est collective et, ensemble, ils proposent des solutions concrètes tout en réinterrogeant les évidences supposées. Ainsi, en plus de favoriser une ouverture d’esprit, les dispositifs mis en place permettent d’apporter un nouveau regard sur la façon dont on appréhende son propre métier. On se sent utile par cette coopération en groupe, ce qui permet un véritable épanouissement personnel.

Naissance de nouvelles méthodes et de nouveaux modes de penser le travail

Les dispositifs créatifs mènent à penser différemment notre rapport au travail. Tout d’abord ils ont engendrés la nécessité d’un mode d’organisation basé sur la neutralité. En effet, le travail réalisé par les équipes des dispositifs créatifs n’entendent pas devenir un élément de commande, à l’inverse de la plupart des organisations aujourd’hui. De nouvelles méthodes se développent ainsi petit à petit et deviennent ce qu’on appelle les méthodes agiles que l’on retrouve essentiellement dans les industries logicielles (on peut ainsi citer différentes méthodes de travail telles que le lean, l’agile, le scrum et encore le XP). Enfin, ces nouveaux dispositifs nous mène à nous poser la question du décloisonnement entre experts et amateurs. En effet, ces nouveaux acteurs deviennent les protagonistes principaux de ces nouvelles méthodes de travail.

Ainsi l’on peut dire que les dispositifs créatifs interrogent de manière globale la forme de nos organisations actuelles ainsi que nos façons de travailler. Ce processus de la participation peut s’adapter à d’autres projets et devrait être testé ailleurs (entreprise, commerce, administration, école…). Cependant, cette alternative (qui présente quand même certaines limites) fait émerger l’inadaptation de nos processus traditionnels face à ces nouvelles formes d’organisation du travail qu’ils savent mal organiser, faire durer ou même rémunérer.

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