Promesses, imaginaire et perspectives

“We wanted flying cars, instead we got 140 characters”. (Peter Thiel)

Aujourd’hui, la technologie amène des tensions de société par ses nouvelles manières de faire. Le numérique, univers en mouvement, a profondément plongé la société depuis deux décennies dans un cycle de grands changements. Notre culture s’est construite selon ce mode de symbolique. Il semblerait que nous soyons dans un état d’esprit d’attente envers l’innovation sans voir ce qu’elle n’accomplis pas. Ici le numérique a été l’activateur d’imagination et le porteur d’un certain nombre de promesses. Il affirmait sa capacité à changer le monde, à nous émanciper. Mais qu’en a-t-il fait de ces promesses ? Une chose est sûre : le numérique a accéléré le temps social. Nous faisons les mêmes tâches mais de manière beaucoup plus rapide comme on peut le voir dans l’œuvre d’Hartmut Rosa, Accélération. Une critique sociale du temps. Nous n’arrivons plus à maîtriser le temps dans lequel nous évoluons, il devient oppression et aliénation. Au contraire, le projet des créateurs d’internet était un projet libérateur, hors des griffes du contrôle, de l’aliénation et du Big Data, vers une possibilité d’empowerment. Certes, nous avions des espaces de liberté, mais la technologie n’est-elle pas en train de faire se réduire ces potentialités ?

Malgré la présence des scientifiques les plus savants dans les laboratoires de recherches, La technologie de l’innovation est en pleine décroissance selon Peter Thiel, l’auteur de la citation, mais c’est le gouvernement qui est à blâmer. Aujourd’hui une trop grande attention est portée à l’Internet et trop peu au monde des choses et des objets. Nous aurions besoin de plus d’entrepreneurs ambitieux pour s’occuper de résoudre des défis bien plus importants que des futiles réseaux sociaux. En effet nous constatons une certaine lenteur dans le secteur de l’innovation. Depuis 1972, nous ne sommes pas retournés sur la Lune et aucun des grands problèmes de notre société tels que la faim, la pauvreté, la pollution, la violence, la maladie n’ont été résolus. Le manifeste de Peter Thiel débute sur la principale question : qu’est-il arrivé du futur ? Il entame ensuite un ensemble de constats dans différents domaines d’activités tels que l’aérospatial, la biotechnologie, l’intelligence artificielle et robots, l’énergie et enfin l’internet. Il propose sa pensée sur l’état actuel de l’innovation avec ses idées sur comment déplacer nos priorités.

La pensée de Peter Thiel sur la technologie nous mène à nous poser un certain nombre de questions. En effet, nous espérions des progrès de la technologie quelque chose d’utile, de concret voire même d’exceptionnel et nous avons eu un progrès relativement futile et trivial. Qu’est ce qui a changé pour avoir déplacé nos objectifs ? Avons-nous finalement les moyens d’aller au bout de nos projets ? Nous sommes-nous surestimés ?

L’impact du numérique sur la société se mesure principalement dès l’arrivée de l’Internet qui profondément bouleversé les usages. D’un côté, les dispositifs créatifs et participatifs que propose le numérique ont profondément changé notre rapport au travail, à l’économie et aux techniques de production. De même, dans le champ du numérique nous savons que nous sommes surveillés et que toute information se conserve. Il a donc également permis une prise de conscience collective sur notre aliénation à la technique en proposant des modes de vie alternatifs basés sur le « tout faire soi-même » entre autres. En même temps un autre problème émerge, celui de la propriété intellectuelle où naît une double vision des choses entre bien commun et droit d’auteur.

La pensée de Peter thiel, bien que profondément pessimiste nous ouvre les yeux sur notre rapport au numérique et à l’innovation. Il dit lui-même : « Notre élite technocratique nous a dit de nous attendre à un avenir toujours plus riche et la science n’a pas tenu ses promesses. A l’exception des ordinateurs et de l’Internet, l’idée que nous vivions un progrès technique fulgurant est un mythe». D’un côté nous avons Twitter qui appelle à l’imaginaire individuel et permet une exhaustivité de l’information transmise. De l’autre, il y a la voiture volante qui elle fait partie de l’imaginaire collectif, mais la question qu’on se pose maintenant c’est : est-ce que le numérique a tenu ou tient encore sa promesse de changer le monde ? Et si cette avancée de type communicationnelle était justement ce qui pourrait faire changer le monde ? Michael Specter rejoint cette idée que le numérique et le web ont élargi notre connaissance du monde, ce qui nous permet de mieux pouvoir le transfor

 

 

 

 

 

 

 

 

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